Posted by Christine Hébert on août 24, 2010 in
Le projet,
Les réflexions
Bonjour à tous ! J’espère que vous avez passé un bel été et de belles vacances. Je tiens cependant à m’excuser de mon absence en ligne en raison de mon emploi d’été au Musée minier et minéralogique de Thetford Mines. Par contre, cette absence m’a permis de connaître un peu mieux le milieu muséal, autant auprès du public qu’auprès des professionnels. J’ai également été témoin d’un projet tout à fait excitant, qui est cependant en attente de financement. J’y reviendrais plus tard, lorsque la situation s’y prêtera.
Concernant le projet “Trouvailles du grenier”, celui-ci a tiré à sa fin en juin, lors de sa présentation auprès du public au gala Méritas, gala récompensant les élèves de la Polyvalente de Disraeli. Les résultats ne furent pas ceux auxquels je m’attendais. Plusieurs causes pourraient expliquer cet effet, à commencer par la surestimation de l’accessibilité des ressources historiques auprès des jeunes. Le thème du projet portant autour de leurs parents ayant étudié dans la même polyvalente qu’eux ou ailleurs, je croyais que l’accès aux photographies, sources indispensables à l’élaboration d’une exposition, serait facile. Or, il y avait certaines thématiques (ex. : les règlements de l’école) qui ne pouvaient être illustrées par une photographie.
Par ce projet, j’ai appris que je n’étais pas la personne la mieux organisée. Habituellement, lors d’un projet de type muséologique, les professionnels utilisent un calendrier à rebours, c’est-à-dire partir de la date de l’événement et revenir en arrière dans le temps pour fixer des objectifs à atteindre périodiquement. Dans mon cas, je faisais place à ma vie étudiante et personnelle avant de me concentrer sur le projet. C’est à se demander si j’étais aussi passionnée que je le croyais.
Néanmoins, les tuteurs qui m’ont accompagnée dans ce projet ont souligné mon approche, c’est-à-dire intéresser les jeunes à l’histoire en faisant appel à la mémoire familiale. Je crois qu’il s’agit d’une chose que je me dois de garder en tête si je souhaite continuer à travailler auprès des jeunes. Il y aurait effectivement des modifications à apporter, notamment au niveau de la durée du projet. Ainsi, au lieu de durer de septembre à juin, le projet pourrait durer un mois, voire moins longtemps afin de ne pas envahir le programme de l’enseignant collaborant au projet. De plus, la méthode de travail pourrait changer : au lieu de choisir un thème, de faire des recherches historiques et de trouver une photographie appropriée, les élèves seraient libres de choisir une photographie et de la commenter à partir de recherches historiques et de souvenirs familiaux.
Plus j’y réfléchis, plus je reprends espoir. Cependant, la première chose à effectuer serait de demander l’avis de professionnels de l’enseignement. Je crois que Facebook et Twitter me seront grandement utile pour cette étape. Sur ce, je vous souhaite un bel automne (même si, techniquement, nous sommes encore en été
).
Posted by Christine Hébert on avr 30, 2010 in
Les réflexions
Alors que plusieurs croyaient qu’ils n’y arriveraient pas, l’équipe de hockey Les Canadiens de Montréal va passer au 2ème round de la série de la coupe Stanley ce soir. En lisant les journaux, certains titres évoquent l’impossible, mais aussi un rapport avec la religion : «Ô Halak, délivre-nous d’Ovechkin!» ; Combien de croyants maintenant ? ; Le côté lumière a pris le dessus ; Un sacrifice collectif ; Miracle à Washington : le Canadien l’emporte… Le hockey semble avoir un côté spirituel pour ses plus fidèles partisans : « Et ceux qui disent que le hockey est une religion au Québec, en voici le preuve. L’abbé François Gravel a transporté la fièvre des séries jusqu’à la cathédrale de Trois-Rivières en portant fièrement une étole toute neuve, aux couleurs du Canadien. » (Source)
Ce rapport sport/religion se retrouve même dans d’autres types de sports. Je me rappelle d’ailleurs d’un texte de Christian Bromberger, d’Alain Hayot et de Jean-Marc Mariottini intitulé « Allez l’O.M. ! Forza juve ! La passion pour le football à Marseille et à Turin »*, dans lequel il y a d’intéressantes observations par rapport à la partisanerie sportive : « l’effervescence émotionnelle qui se traduit par une intense participation corporelle, l’identification à une ville dans une atmosphère de guerre ritualisée (étendards aux couleurs du club, présence de “commandos” de supporteurs pour soutenir l’équipe), l’affirmation des identités sociales dans l’espace spéculaire du stade, la sociabilité de groupes de pairs que scellent, match après match, des retrouvailles sur les même gradins, la symbolisation des drames, des joies, des étapes de l’existence (la relégation, la promotion, la victoire, la défaite) et, chez certains, une ferveur pétrie de religiosité qui tente d’apprivoiser le sort par une profusion d’attitudes et de symboles propiatoires. » (p. 10-11) En résumé, cela signifie pour les partisans à adopter une foi envers son équipe et parfois même à adopter des pratiques religieuses ou superstitieuses afin de favoriser la victoire de son équipe et la défaite de l’équipe rivale.
Suite à cet article, un livre a été écrit par les mêmes auteurs : Le match de football : ethnologie d’une passion partisane à Marseille, Naples et Turin. Concernant le hockey, Olivier Bauer, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’Université de Montréal, a écrit La religion du Canadien de Montréal avec l’aide d’autres collègues universitaires afin d’expliquer l’attrait qu’exerce l’équipe sur les Québécois : « Mais comment parler du Canadien comme religion sans se poser en même temps la question de la place et du rôle de la religion au Québec? » En effet, est-ce que le sport a remplacé, d’une certaine façon, les instituions religieuses au niveau de la spiritualité ? Il y aurait matière à réflexion à ce sujet, d’autant plus qu’il faut savoir faire la différence entre religion et spiritualité. Si la religion est un regroupement entre personnes partageant les mêmes croyances, la spiritualité, elle, est individuelle. Et, même si nous sommes plus ou moins croyants, nous avons chacun notre système de valeurs, qui accorde plus ou moins d’importance au hockey ou au football, en autant que nous ne tombons pas dans le fanatisme
* BROMBERGER, Christian, A. HAYOT et J.M. MARIOTTI. « Allez l’OM., Forze Juve – La passion pour le football à Marseille et Turin », Terrain n8, 1987, p. 8-41.
Posted by Christine Hébert on avr 27, 2010 in
L'université,
Le projet
Bonjour ! Je vous souhaite la bienvenue sur la nouvelle adresse de mon blogue. Ne vous fiez pas aux articles ci-dessous, ils font partie des archives de mon ancienne adresse (http://trouvaillesdugrenier.wordpress.com). À partir de maintenant, je fais partie de la communauté Web Féminin. Je sais, dans un sens, c’est un peu discriminatoire, mais je crois qu’en faisant partie d’une communauté, je pourrais tisser des liens avec d’autres blogueuses et, qui sait, leur faire partager mon goût pour l’histoire et les autres sciences historiques.
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je me nomme Christine Hébert, 22 ans, et je suis sur le point d’obtenir mon baccalauréat en Sciences historiques et études patrimoniales. Ne soyez pourtant pas intimidés par le nom de mon bacc. De toute façon, il m’arrive d’être timide en présence d’autres personnes (hihi!). La raison pour laquelle j’avais créé un blogue était de faire un suivi de mon projet en Profil entrepreneurial, d’où le nom Trouvailles du grenier. En résumé, il s’agit de monter un projet d’exposition muséale avec des élèves de secondaire 4.
Présentement, je mène un projet-pilote avec trois groupes d’élèves dans mon ancienne polyvalente, à Disraeli, en Chaudière-Appalaches. Il y a eu certes des difficultés, j’ai dû m’adapter à plusieurs situations, mais je crois toujours que l’exposition va se montrer à la date prévue, soit en juin. Quant à savoir si l’expérience risque de se répéter dans les prochaines années, je songe à mettre en place un outil pédagogique, destiné aux sociétés historiques afin qu’ils puissent se rapprocher des élèves du primaire et du secondaire.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à m’écrire. Et si vous avez des suggestions se rapportant à mes projets, n’hésitez pas non plus, j’aime bien voir d’autres points de vue
Posted by Christine Hébert on avr 25, 2010 in
Je me souviens,
L'université
Bonjour à tous ! Désolée de ma longue absence sur mon blogue, j’étais particulièrement concentrée sur ma dernière session de baccalauréat. Je profite d’ailleurs de ce passage pour vous annoncer que je suis acceptée à la maîtrise en Ethnologie et patrimoine, à l’Université Laval, à partir de l’automne prochain.
Ceci étant dit, je voudrais savoir si vous aviez commencé à regarder Musée Eden, diffusé ce printemps à Radio-Canada et sur Tou.Tv. Personnellement, j’étais intriguée par le côté historique de la série, qui se déroule dans le Montréal des années 1910. Et, franchement, je ne le regrette pas du tout. Cependant, savez-vous que le Musée Eden a réellement existé, soit de 1891 à 1940 ? Sur la page de l’émission, nous pouvons trouver des suppléments d’informations concernant le musée et son époque, que ce soit à propos de la médecine légale, de la prostitution ou encore des médias de masse, le tout complété par des images d’archives et des bibliographies nous permettant d’en savoir davantage. Bonne visite !
Posted by Christine Hébert on fév 12, 2010 in
La future ethnohistorienne,
Les réflexions
Bon vendredi à tous ! Je vous imagine déjà en train de rêver à votre fin de semaine. Allez-vous y célébrer la Saint-Valentin ? Seul, en couple ou avec des amis ? Que l’on soit pour ou contre cette fête, nous avons l’impression qu’il s’agit d’une tradition bien ancrée dans la réalité, et ce grâce aux commerçants. Tradition, dites-vous ? Et d’abord, qu’est-ce que la tradition ?
Selon l’ethnologue Jocelyne Mathieu, la tradition « se définit par une dynamique intrinsèque, c’est-à-dire par un processus de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être, par la parole et par le geste, au sein d’une collectivité d’appartenance ; elle se construit donc de faits collectifs plutôt que d’habitudes individuelles particulières. » (Source : MATHIEU, Jocelyne. « Les recherches ethnologiques au Québec : à propos du concept de tradition ». A-M Desdouits et L. Turgeon (dir.), Ethnologies francophones de l’Amérique et d’ailleurs, Québec, Presses de l’Université Laval, p. 38.)
Traduction : la tradition se transmet d’une génération à une autre et se base sur un fait commun à une communauté. Tout comme la Saint-Valentin. Or, dans le même texte, Mme Mathieu nous dit qu’actuellement « les ethnologues et d’autres chercheurs en sciences humaines s’entendent pour dire que la culture et la tradition sont construites. Le passé est réapproprié pour être utilisé dans le présent. » (Ibid., p. 47.)
En effet, la Saint-Valentin, comme les autres traditions, sont des constructions culturelles. Jean-Sébastien Marsan, auteur de Les Québécois ne veulent plus draguer… et encore moins séduire, a publié une série de billets sur son blogue concernant les origines de la Saint-Valentin. Pour résumer, la Saint-Valentin remonterait à l’Antiquité, alors que les Romains fêtaient le dieu de la fertilité, Lupercus, le 15 février. Toujours vers la mi-février, l’Europe médiévale célébrait les premiers dégels sous forme de jeux et de danses, prétextes utiles aux célibataires voulant se séduire. (Source) Parlant de moyens de séduction, les Anglais ont perpétué cette tradition consistant à envoyer des mots doux à l’élu de son coeur. (Source) Quant aux origines du nom Saint-Valentin, il s’agit d’un décret de l’Église catholique, plaçant la fête le 14 février, date pendant laquelle, selon une croyance médiévale, les oiseaux s’accouplent ce jour-là. (Source)
Ainsi, de l’Antiquité à aujourd’hui, cette fête réservée aux célibataires est devenue accessible à tous, une fait que déplore M. Marsan : « À mon humble avis, c’est dommage que les couples soient invités à célébrer la Saint-Valentin. Ça dilue le sens initial de la fête, qui donnait une chance aux célibataires de se séduire. Au Québec, on en aurait bien besoin… Qu’en pensez-vous ? » (Source) Selon moi, il existerait deux solutions à envisager :
1) Ou bien la Saint-Valentin retourne à son sens initial, c’est-à-dire une fête consacrée à la rencontre amoureuse
2) Ou bien certains célibataires, constant qu’il serait impossible de changer le sens actuel accordé à la Saint-Valentin, entreprennent la création d’une nouvelle fête, plus appropriée à leurs besoins et à leurs valeurs
N’oublions pas que c’était souvent par le biais des fêtes que nos ancêtres se rencontraient. Personnellement, c’était à des noces que les parents de ma mère se sont rencontrés. Ne pourrions-nous pas donner une chance aux célibataires de s’amuser entre eux sans qu’ils aient à subir la pression de leurs pairs ?
Sur ce, je vous souhaite une bonne Saint-Valentin et surtout, amusez-vous bien !
Posted by Christine Hébert on fév 3, 2010 in
Les appels aux débats,
Les réflexions
Je ne voudrais pas jouer les fatalistes, mais il est impossible d’échapper à une quelconque rivalité. En effet, s’il n’y avait pas de rivalité entre la France et l’Angleterre, il serait fort possible que la Guerre de Sept n’aurait pas eu lieu. Les rivalités peuvent également se situer au niveau des villes, dont Montréal et Québec. Dans son texte intitulé « Papineau et la rivalité Québec-Montréal (1820-1840) », Fernand Ouellet explique les origines de cette rivalité :
« Elle datait du 17e siècle. Ce sentiment d’opposition entre les deux noyaux urbains de la Nouvelle-France tenait sans doute à des différences réelles. Québec n’avait-il pas été, depuis le 17e siècle, le port de mer, la capitale administrative et religieuse, la résidence de l’élite militaire et le centre de la vie sociale ? Dominant une région agricole, Montréal avait dû sa fortune au commerce des fourrures lequel avait marqué davantage sa stratification sociale. » (Source)
De nos jours, lorsque nous songeons à la rivalité entre ces deux villes, nos pensées convergent sans doute à la rivalité entre leurs clubs respectifs de hockey professionel, les Canadiens de Montréal et les Nordiques de Québec, qui serait « l’une des plus intenses de l’histoire du hockey professionnel au Canada. [...] La tension atteint son paroxysme en 1984, lors du match du Vendredi saint, qui dégénère en bagarre générale. Après 1987, elle s’essouffle, les supporters des Nordiques aussi. » (Source) Depuis, les Nordiques n’existent plus et plusieurs souhaitent un retour d’une rivalité sur la glace.
C’est maintenant devenu réalité grâce à La série Montréal-Québec, une télé-rivalité en ondes depuis le 24 janvier dernier. (Source) Il est encore tôt pour vérifier si cette émission prendra de l’ampleur auprès des Québécois, mais je crois qu’une rivalité peut être saine lorsqu’elle permet le dépassement de soi et non le dénigrement de l’autre. J’espère que cette réflection pourrait inspirer les maires de Montréal et de Québec.
Et vous ? La présence de cette série est-elle justifiée ? Avons-nous besoin d’une rivalité ?
Posted by Christine Hébert on déc 16, 2009 in
Je me souviens,
Les réflexions
Il y a vingt ans, le 6 décembre 1989, un homme entra à l’École Polytechnique à Montréal et tua quatorze personnes, uniquement des femmes, avant de retourner l’arme contre lui. Le Monde a publié un excellent article à ce sujet, qui relate également le mouvement féminisme et antiféministe au Québec.
Après une courte recherche dans les bibliothèques universitaires du Québec, j’ai pu repérer quatre mémoires se basant sur cet événement. En ordre chronologique, nous retrouvons :
1995
LAMOUREUX, Jean-Claude (Université de Montréal) : La tragédie de l’École Polytechnique : analyse sociologique des discours d’acteurs sociaux qui l’ont commentée (mémoire en sociologie)
1996
BOUDREAU, Julie (Université de Sherbrooke) : Étude du processus de construction du sens dans les médias : le cas de la tragédie de l’École polytechnique en 1989 (mémoire)
1997
BÉLANGER, Nicole (Université Laval) : Féminisme et antiféminisme : de la reconnaissance par les institutions à l’émergence d’un nouveau discours basé sur les “exagérations” du féminisme (mémoire en science politique)
2007
BLAIS, Mélissa (UQAM) : Entre la folie d’un seul homme et les violences faites aux femmes : la mémoire collective du 6 décembre 1989 (mémoire en histoire)
J’ignore si ce nombre de mémoires sur ce sujet est élevé ou pas, mais je me pose cette question : après combien d’années pouvons-nous nous remettre de nos blessures ? Car il s’agit pour moi d’un traumatisme s’inscrivant dans notre mémoire collective (du moins, celle du Québec). Et l’une de ces manifestations post-immédiates correspond à l’impossibilité de faire son deuil. Sans avoir eu la chance de lire tous ces mémoires, j’en déduis une certaine évolution : de l’analyse de l’événement en soi, nous passons à celle d’un mouvement confronté à la montée d’un autre. Et, pendant ce temps, nous continuons de commémorer l’événement en se demandant comment éviter ce drame à nouveau.
La science historique m’a appris qu’il n’y a que les faits, puis les interprétations de ces faits. La tuerie a eu lieu, nous ne pouvons changer le passé. Et il y a l’avenir, ce que nous souhaitons transmettre aux générations suivantes. Or, les interprétations faites à propos de Polytechnique sont nombreuses et divergeantes. Je crois que le jour où nous nous entendrons sur une seule interprétation, la guérison de notre mémoire collective sera possible. En attendant, il vaut mieux rester ouvert d’esprit et ne pas se cantonner à une guerre des sexes stérile.
Alors que je termine l’écriture de ce billet, une sombre idée me vient à l’esprit : et si Marc Lépine, le tueur de Polytechnique, était toujours en vie ? Je n’ose pas imaginer le procès qu’il aurait eu, car je l’imagine encore plus déchirant que le drame lui-même…
Posted by Christine Hébert on nov 6, 2009 in
Les entrevues
Hé oui, l’entrevue se termine dans ce billet. J’espère que vous avez apprécié et n’hésitez pas à consulter le blogue de Vicky Lapointe (ou son compte Twitter).
Les parties précédentes :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (1/3)
Entrevue avec… Vicky Lapointe (2/3)
8. Selon toi, quel est le plus grand tabou en histoire ?
Je ne crois pas qu’il y ait vraiment de tabous en histoire, mais certains sujets sont controversés et /ou délicats à traiter, comme ce qui a trait à des événements dramatiques (ex. un génocide).
9. Quelle place devrait avoir l’histoire dans la société ?
Sans surprise, je pense que l’histoire devrait avoir une plus grande place dans notre société. Par exemple, dans les médias, les historiens sont peu sollicités à moins qu’il n’y ait une controverse comme celle de la reconstitution de la bataille des Plaines d’Abraham. Regarder du côté de l’histoire permet d’enrichir les débats et de comprendre ce qui est à l’origine de bien des événements…
Et comme je suis sensible à la question de la préservation du patrimoine, je crois que si l’on s’intéressait plus à l’histoire, il y aurait moins de biens patrimoniaux vandalisés, laissés à l’abandon ou détruits. On comprendrait mieux leur valeur historique.
10. Comment devrait s’enseigner l’histoire auprès de la population?
Il faut rendre l’histoire vivante pour que les gens se sentent concernés et intéressés. Les moyens sont divers: le web (médias sociaux, expositions virtuelles, etc), les médias (chroniques historiques dans les journaux, émission de télé) des publications (revues et livres) et par des événements spéciaux (conférences, visite de lieux historiques et de musées, Journées de la culture). Invitons les gens à s’impliquer, par exemple en devenant membre de la société d’histoire de leur localité. Il faut que la population participe, qu’elle soit curieuse quant à son passé, qu’elle s’approprie son histoire.
Montrons que l’histoire n’est pas réservée aux universitaires et que ce n’est pas plate. Il faut savoir vulgariser efficacement.
11. L’histoire peut-elle cohabiter avec les autres sciences humaines ? Si oui, avec lesquelles peut-elle tisser de grands liens ?
Plusieurs disciplines sont à considérer: la géographie, l’ethnologie, l’anthropologie, l’archéologie, la communication, etc.
Par exemple, pour ce qui est de la géographie, il faut comprendre que c’est un élément important important en histoire. Par exemple, lorsqu’un village était fondé, on considérait la situation géographique du lieu, les ressources naturelles à portée de main, etc. Connaître la géographie d’un lieu aide à mieux l’histoire des gens qui y habitent.
Les disciplines en sciences humaines amènent d’autres points de vue, des outils et d’autres angles d’analyse en histoire.
L’étude de la communication nous aide à diffuser efficacement l’histoire.
Il faut aussi regarder du côté des sciences de l’information. Les historiens ont intérêt à collaborer avec les archivistes: la question de la gestion de l’information numérique est importante. Beaucoup de documents naissent de nos jours sous forme virtuelle. C’est ce que les historiens étudieront plus tard. Mais dès aujourd’hui, il faut assurer la conservation de l’information. Que conservera-t-on? Et comment? A suivre…
Quant aux bibliothécaires, ils nous permettent de nous y retrouver dans toute cette ”infobésité”.
Posted by Christine Hébert on nov 4, 2009 in
L'université,
Les appels aux débats,
Les réflexions
Dans ce billet écrit par Sandra Bellefoy, sur Synchro Blogue, elle y fait un compte-rendu du Tweet Up de Québec, événement auquel elle a participé (et moi aussi ^^). D’ailleurs, elle mentionne notre discussion à propos de l’exploitation de Twitter en milieu universitaire. Pour ceux qui se demandent en quoi Twitter pourrait servir dans ce milieu, ce billet est pour vous.
D’abord, Twitter pourrait s’avérer être un outil intéressant pour les professeurs. Par exemple, lorsque l’un d’entre eux participe à un colloque, il pourrait twitter ses commentaires sur chaque conférence, que ce soit pour résumer cette conférence ou pour y apporter son point de vue. Le conférencier, en lisant ces tweets, peut ainsi s’adapter pour ses prochaines conférences ou participer au débat d’idées enclenché par son collègue.
Twitter est également un outil que les étudiants pourraient adapter à leurs besoins. Ainsi, ils pourraient “follower” un professeur qui a pu les influencer dans ses cours, mais qu’ils n’ont pas le temps de croiser en raison de l’horaire des étudiants (examens, rédactions de travaux, vie étudiante, etc.) et de l’horaire des professeurs (corrections d’examens, corrections de travaux, recherches, etc.). Cela pourrait aussi aider l’étudiant à choisir son directeur de mémoire ou de thèse, en fonction de son domaine de recherche, puisqu’il connaît les travaux publiés par ses professeurs (dans un monde idéal, ils les auraient postés sur leurs blogues et inviter leurs collègues à discuter à propos des arguments de leurs textes
).
Comme il s’agit d’un débat sur l’utilisation de Twitter en milieu universitaire, je vous invite à y participer en publiant vos commentaires. Je suis certaine que vous avez des idées qui pourrait être intéressantes, non seulement applicable aux universités, mais également au domaine de l’éducation.
Posted by Christine Hébert on oct 30, 2009 in
Les entrevues
Nous continuons cette entrevue avec Vicky Lapointe, qui s’est prêtée à cette toute première entrevue pour ce blogue. D’ailleurs, nous abordons dans cette partie l’apport des technologies en histoire.
La partie précédente :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (1/3)
5. Pourquoi as-tu créé ton blogue ?
J’ai étudié en histoire profil multimédia à l’université. Depuis la fin de mes études, je travaille dans un autre domaine. Avec ce blogue, je replonge dans le monde de l’histoire et du patrimoine du Québec et d’ailleurs. Ce moyen de communication me permet de partager mes découvertes avec mon lectorat, que ce soit un livre ou un site web. Je veux aussi faire la promotion de l’histoire régionale.
J’aborde dans mes billets d’autres thèmes comme les bibliothèques, la généalogie et les archives.
Ce blogue me permet aussi de réfléchir sur la problématique de la diffusion de l’histoire. Pour rédiger mes billets, je visite des sites internet et je lis des livres. Cela me permet d’évaluer quels sont les meilleurs moyens pour faire connaître l’histoire. J’en conclu qu’il y en a plusieurs : les jeux en ligne, les expositions virtuelles, les médias sociaux, etc.
Rétrospectivement, je constate que bloguer m’a permis d’élargir des champs d’intérêts et mes connaissances en histoire. C’est une belle façon de se réapproprier ce qu’on a lu et analysé.
J’aime l’idée d’avoir fait découvrir aux gens des ressources utiles en histoire.
6. Selon toi, quelle est la plus grande difficulté lorsqu’on blogue ?
La plus grande difficulté, lorsqu’on blogue, c’est de persévérer. Il faut se constituer un lectorat, écrire regulièrement et faire de la promotion. Mais être patient et constant porte fruit
Ne pas se décourager quand on a des pannes d’inspiration. Bloguer est un apprentissage constant.
7. Quelle place peut avoir l’histoire à travers la technologie ?
Utilisons la technologie pour diffuser l’histoire, pour l’enseigner à un large public via des productions multimédias, des expositions virtuelles, des blogues, etc. C’est fascinant de voir ce que l’on peut réaliser avec une caméra et un ordinateur, sans que cela ne coûte une fortune.
J’aime beaucoup des sites internet comme celui du Musée McCord et du Canal Historia. On peut y voir des photographies, des émissions, des expositions virtuelles, etc. Et le public peut collaborer au contenu. Par exemple, les gens peuvent attribuer des mots-clés à des photographies exposées sur le site du Musée McCord. On appelle cela du web collaboratif.
La suite :
Entrevue avec… Vicky Lapointe (3/3)